LORENZO MALAGUERRA & JEAN LAMBERT-WILD NOUS LIVRENT LE troisième CARNET DE BORD DE LEUR CREATION « ROBERTO ZUCCO » EN CORÉE

Pendant plusieurs semaines, le directeur du Théâtre du Crochetan Lorenzo Malaguerra et Jean Lambert-wild, le directeur du théâtre de l’Union – Centre Dramatique National du Limousin, nous font l’amitié de partager avec nous les carnets de bord de leur prochaine création, Roberto Zucco qui aura lieu en septembre, en Corée au Myeongdong Theater avec la troupe de la Compagnie National de Théâtre de Corée (NTCK). troisième volet :

La troupe du NTCK  (2/2)

 

Nous avons évoqué notre bonheur à travailler avec la troupe de la National Theater Company of Korea (NTCK). Voici une petite revue des actrices et acteurs engagés dans cette aventure.

 

Baek Seok-gwang – Roberto ZuccoBaek Seok-gwang – Roberto Zucco

Notre Roberto Zucco. Il le fallait magnétique, capable de jouer la tendresse comme la plus extrême violence, la normalité comme la folie meurtrière. Seok-gwang possède toutes ces qualités, c’est un acteur doué d’une grande intelligence, capable de saisir rapidement les enjeux de chaque scène et de conduire son personnage dans la logique d’un parcours, émotionnel et physique. Le grand défi d’interprétation est d’éviter l’écueil d’un Zucco petit voyou bêtement méchant ou tendre au grand cœur. Koltès fait de Roberto Zucco un héros, dans le sens tragique du terme : il dépasse les autres hommes. Jouer Roberto Zucco c’est se hisser dans un ailleurs, incarner une autre réalité que celle du quotidien tout en collant au vif des situations. C’est d’ailleurs le seul personnage de la pièce qui porte un nom. Effrayant, touchant, imprévisible, méchant, amoureux, violent, doux, Roberto Zucco a besoin d’un grand acteur. Seok-gwang l’est.

 

Kim Jung-ho – Un gardien, Le père, l’inspecteur mélancolique, l’inspecteur

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Kim, Jung-ho possède des facultés d’improvisation et de clown étonnantes. Chacune de ses entrées en scène est surprenante, formidablement drôle et humaine. C’est un bonheur que de voir se déployer sous nos yeux le métier de cet acteur, dont le talent est d’apporter à la moindre réplique une dimension qu’elle n’avait pas à la lecture. Il excelle à jouer les abrutis – et il faut bien reconnaître que dans cette pièce les forces de police sont traitées sous leur pire aspect : chacun des policiers, inspecteurs et commissaires sont successivement de mauvaise foi, méchants, bêtes ou dépressifs. L’occasion pour nous de construire des scènes véritablement comiques, en contrepoint à la tragédie qui avance.

 

Mun Kyung-hee – La mère de la gamine, La pute

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Si la plupart des personnages masculins sont traités de façon négative, il n’en est pas de même pour les femmes, à la fois victimes de la folie de Zucco et de la folie générale de la société dans laquelle elles évoluent. Kyung-hee incarne deux personnages en crise, l’une battue par son mari et l’autre relatant dans un récit saisissant un des premiers meurtres de Zucco, à la manière du messager dans la tragédie antique. Kyung-hee est une actrice toujours sur la brèche, sachant plonger avec sincérité dans l’émotion de ces personnages sacrifiés.

 

Kim Jung-eun – La mère de Zucco, la patronne

KIM JUNG

La polyvalence, le talent et l’expérience de Kim Jung-eun lui permettent de presque tout jouer. Dans la scène fondatrice de la pièce, Zucco revient chez lui et tue sa mère. Il est essentiel que la mère soit totalement crédible dans sa douleur, tiraillée entre l’amour pour un fils et sa détestation de l’avoir mis au monde. Le spectateur doit être saisi par ce moment qui montre la violence de Zucco à la recherche d’un habit militaire et le sentiment de panique qui s’empare de sa mère pour aboutir finalement à son meurtre.

Dans un registre totalement différent, la Patronne de l’hôtel représente une espèce de pivot, force immobile recueillant les confessions des uns et des autres. Les personnages qui vont à elle expriment leurs angoisses, leurs terreurs et leurs folies. Douée d’une grande habileté physique, une technique de voix qui lui permet de changer totalement de caractère et animée de belles propositions de jeu, Jung-eun ne manque pas non plus d’humour.

 

Kim Jung-hwan – Le vieux monsieur, Le commissaire

KIM JUNG HWAN

Kim Jung-hwan nous avait frappé lors du casting par sa capacité à rendre la fragilité du vieux monsieur, perdu dans le labyrinthe de la station de métro. Fragilité et vieillesse pour un acteur pourtant jeune, ce sont des défis de taille que Jung-hwan parvient à relever. On le retrouve en commissaire stupide, formant un couple inénarrable avec Kim Jung-ho, inspecteur nerveux et agité.

 

Shin Wan-jun – Le frère

Shin Wan-jun

Dès la première répétition, Sim Wan-jun a trouvé son personnage. Le frère est composé d’un mélange de violence, de tendre au grand cœur, de mauvaise foi, de salop et de pauvre type pathétique. Il est toujours assez étonnant – et déstabilisant – de se retrouver face à un acteur aussi rapide, avec l’impression qu’on ne saura plus trop quoi lui dire lors des semaines de répétition précédant la première. Wan-jun toutefois, loin de se contenter du résultat accompli, continue à creuser son interprétation, avec de très belles propositions que nous avons le luxe de choisir.

 

Kim Su-yeon – La dame

Kim Su-yeon

Kim Su-yeon interprète la dame élégante, dont le destin est de croiser le meurtrier de son fils. Personnage complexe, souffrant d’un ennui profond et détestant son mari, elle devient l’otage de Zucco après que celui-ci ait tué son enfant. Elle souhaite pourtant le suivre dans sa fuite. Actrice de grande classe, Su-yeon donne à son personnage la complexité des sentiments mêlés et parvient à en montrer toutes les blessures. Elle donne à la dame une très belle dimension tragique de femme abandonnée de tous.

 

Hwang Sun-hwa – La gamine

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On fait souvent du rôle de La gamine une petite fille effrontée, jouant sur le même mode de provocation et de naïveté d’un bout à l’autre de la pièce. Hwang Sun-hwa fait partie de ces actrices étonnantes qui parviennent à sublimer un rôle en y injectant toute leur humanité et parvenant à déployer une palette de jeu très diverse sur l’ensemble des scènes. Ainsi, la naïveté apparente de La gamine se transforme en sincérité absolue, son effronterie en besoin de se libérer du carcan familial pour rejoindre l’amour de sa vie, Roberto Zucco. Son trajet se termine au bordel, gamine vieillie avant l’âge, broyée par la machine infernale.

 Woo Jung-won – La sœur

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Très belle actrice, impeccable de justesse et de sincérité, Woo Jung-won incarne La sœur de La gamine. A la fois protectrice, frustrée par sa vie et par sa famille, étouffée mais magnifiquement rebelle dans sa scène finale, La sœur raconte le destin brisé d’une femme, écrabouillée par une société machiste parfaitement représentée par Le frère. L’actrice donne un souffle puissant à ce personnage, démontrant à quel point les rôles de femme sont parfaitement écrits par Koltès.

 

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Ahn Byung-chan – Un gardien, Le balèze, L’enfant

Acteur haut en couleurs, rappeur bien connu à Séoul, Ahn Byung-chan est doté d’un naturel désarmant sur le plateau. Qu’il interprète Le balèze ou L’enfant, il réussit par sa présence simple et directe à  émouvoir ou à nous faire rire aux larmes. Son interprétation de garnement à la voix de fausset est irrésistible et son balèze au grand cœur nous fait fondre.

 

Jean Lambert-wild et Lorenzo Malaguerra

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« Les élans ne sont pas toujours des animaux faciles » au Lucernaire

Étrangeté dramatico-musicale hilarante où trois hommes tirés à quatre épingles et le verre à la main, jouent, chantent et conversent de tout et de rien. Les Élans sont à découvrir au Lucernaire. 


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Sortie du théâtre de l’absurde, la pièce mérite mieux qu’une critique qui de chercher à  la décrire ne parviendra qu’à la dénaturer, voire pire : à l’offenser. Entre Becket et Ionesco mais sans la mélancolie. L’argument tient en une géographie, un lieu inédit dans lequel tout se passe, c’est à dire rien car la pièce est sans intrigue. Et  ceci se passe entre le monde des vivants et le monde des morts, car là tout peut advenir, tout peut être dit, tout peut être imaginé. Ce lieu est cet endroit magique entre le réel et l’imaginaire, le raisonnable et le merveilleux, un lieu hors temps où les personnages ont pris le parti, libérés de l’horloge d’aimer la vie, le whisky, le rock and roll et les palabres entre amis.

La joie émerveillée de vivre des personnages est magnifiquement incarnée par, nommons les pour les remercier, Emmanuel Quatra, un comédien-chanteur réaliste mais intemporel dont le talent et l’épaisseur de la présence parviennent à nous faire adhérer à tout, Pascal Neyron qui après quelques minutes de chauffe sauve son personnage écrasé par celui de Quatra, et Benoit Urbain parfait, d’une grande rigueur de jeu qui enveloppe la proposition. Grâce à eux et malgré le non-sens radical du spectacle, nous nous laissons saisir sans résistance.

Une heure et vingt minutes de bonheur dont il ne faut pas se priver.

Crédit Photos© Franck Harscouët

Auteurs : Frédéric Rose et Vincent Jaspard.
Artistes : Pascal Neyron ou Laurent Prache, Emmanuel Quatra, Benoît Urbain.
Metteur en scène : Laurent Serrano.

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Rencontre iréelle avec Jean Racine au Poche Montparnasse

La grande tragédienne Anne DELBÉE revient sur scène avec son spectacle « Racine ou la leçon de Phèdre » dans lequel elle nous invite, avec bonheur, à partager sa passion pour Racine, fouillant la vie mystérieuse du poète dans les vers de Phèdre. 

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Dans les années 60, Anne Delbée a 12 ans lorsqu’elle pénètre pour la première fois dans un théâtre. Adulte, elle sera metteuse en scène ou comédienne et ne quittera jamais cette passion pour le théâtre qu’elle attrape d’abord par Claudel, ensuite par Racine. Une soixantaine de mises en scène à son actif dont on retient Phèdre à la Comédie-Française, avec les costumes de Christian Lacroix et la trilogie de Racine (Andromaque,Bérénice, Phèdre) au Festival d’Avignon. Dès 1982 Racine devient l’axe de son travail et en 2012, un documentaire sur son travail Racine, « Le déchaînement des passions » réalisé par Catherine Maximoff sort en salles. Elle nous livre aujourd’hui dans ce seul en scène quelque chose d’elle-même, et sa passion pour Jean Racine.
Devant un mur de plaques métalliques, Anne Delbée entre, nous interpelle comme le faisait une professeure de lettres de notre enfance. Son talent de comédienne et de dramaturge, les très belles séquences vidéo et les musiques audacieuses qui ponctuent la pièce nous dérobent à la conférence didactique ; il s’agit d’une oeuvre forte où la passion s’embrase devant nous. La petite salle du Poche Montparnasse qui a vibré entre autres avec « Mémoires d’un fou » par William Mesguich ou avec « Amok », reprise cette année par Alexis Montcorgé apparaît comme le lieu parisien des crises dramaturgiques et émotionnelles. Apparaît aussi comme le lieu du talent, car Anne Delbée qui aurait croisé encore hier Jean Racine, et qui vient le pleurer devant nous en s’entortillant de la langue du poète nous propose une aventure belle, forte et vibrante.

Elle nous renseigne : Phèdre est comme le testament de Racine. Plus loin : ce qui est à lire est dans le blanc du papier. Et son spectacle, et pour cela il est de l’art pur, ouvre plus à la question qu’il n’y répond. La leçon de Phèdre d’Anne Delbée est un grand moment de théâtre, de passion et d’envoûtement. Jean Racine, orphelin très jeune, fut-il dans sa vie aimé, fut-il un suicidaire Phèdre plutôt que le triste Néron de Britannicus, quel texte est son testament ; lequel serait son aveu ?

On quitte la salle et les applaudissements nourris occupés à ces interrogations sur Jean Racine. Et sur Anne Delbée…

Quand même, avec et grâce à elle nous avons croisé Racine :

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue, 

Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue. 

Conception, mise en scène et interprétation : Anne DELBÉE

 

visuel : affiche du spectacle

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« Pacamambo » de Wajdi Mouawad à l’Essaion

Une jeune fille perd sa grand-mère adorée, une nuit alors qu’elle dormait chez elle avec son chien Le Gros. Est-ce la lune qui est venue la chercher ?

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Tout commence comme un générique d’une bonne série de la HBO, tous les symboles et motifs de la pièce nous sont présentés et forment une petite montagne sur laquelle est perchée l’héroïne, Julie. Elle a perdu sa grand mère et a rendez vous chez son psy qui cherche à comprendre les faits extravagants qui suivirent cette nuit où la petite fille a rencontré la mort elle même et a voulu lui casser la gueule.

La poésie et l’humour soutiennent le propos et nous traversons avec la jeune fille le classique chemin  de tout enfant qui découvre la mort comme une adresse, Pacamambo, l’adresse du manque puis qui lentement entend sa propre mort et par voie de consequence son obligation d’élaborer un sens à sa vie. Au loin l’hymne à la vie de Wajdi Mouawad. Julie, ouvre droit à la parole à chacun, morts et vivants confondus et même le chien (trés drôle performance de Jock Maitland). Au loin l’amour inépuisable pour l’humain.

La mise en scène de Joseph Olivennes, est inventive, souvent palpitante. Rafaële Minnaert est une magnifique et attachante grand-mère. Aloysia Delahaut incarne la mort avec un engagement à saluer. Pamina de Hauteclocque pousse avec talent sa proposition de nous emmener sur ce chemin incertain, un aller retour vers Pacamambo.  La pièce est un bonheur à voir en famille tant elle pose ce qui pour les enfants fait lien avec leurs parents, en ce que ces derniers sont à la fois leur origine et leur destin.

L’Essaion mérite cette visite.

 

Auteur : Wajdi Mouawad

Mise en scène : Joseph Olivennes

Distribution : Pamina de Hauteclocque, Jock Maitland, Vianney Ledieu, Aloysia Delahaut, Rafaële Minnaert en alternance avec Anne Lefol

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Joyeux et moderne Scapin au Nord Ouest

Scapin, le génial valet, imagine des entreprises, apparemment impossibles, et fait triompher l’amour et la jeunesse. Dans cette adaptation, au cœur de la mafia napolitaine, notre héros Scapin, fourbe mais noble de cœur, joue la comédie, pirouette, trompe son monde pour en venir à ses fins.

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Bien sûr on évite de venir au cacochyme Nord Ouest à cause de l’accueil, à cause de leur politique salariale, à cause surtout de l’attachement de son directeur, on y joue Brazillac et Céline, pour une vieille composante quasi disparue de la chrétienté,

Il n’empêche.

Rémy de Monvel nous propose une adaptation très intéressante et tout à fait réussie de la pièce populaire de Molière. On connait l’intrigue: étouffés par la rigueur d’une autorité paternelle rigide, deux jeunes adultes luttent pour la liberté de vivre selon leurs goûts et vont pour cela s’attacher les conseils et l’industrie d’un adroit chafouin. L’action se situe de nos jours à Naples, le dépoussiérage est très léger,   »en Alger » devient « à Alger » , « à la charge » devient « à la condition », le sac et le bâton sont remplacés par un tapis et une batte de base ball, le banquet par un bar animé. Sans les traditionnels costumes, la pièce s’actualise et nous ouvre toute la force du texte de Molière. Une belle proposition pour les scolaires qui adoreront découvrir Scapin et son hommage à la jeunesse par cette adaptation. Une belle proposition pour tous les autres qui apprécieront de rire à nouveau aux coups montés par Scapin.

Les acteurs participent à cette acclimatation à notre 21eme siecle. Melody Banquet joue une géniale et très drôle et contemporaine Zerbinette avec cœur et avec ce soupçon de décalage nécessaire à l’art dramatique. Geoffrey Lopez est un Scapin à ne pas rater. Il emmène l’intrigue et la troupe. Jeune, libre, transgressif il pousse une proposition moderne, sans cabotinage et défend une intéressante figuration du motif de la machination. Daniel Cardoso, c’est son talent sauve Sylvestre écrasé par la verve de Scapin. Aussi deux scènes,  scène VII de l’acte 2, fameuse scène de la galère avec Thierry Fohrer en parfait Géronte et la scène III de l’Acte 3 où Zerbinette affranchit Géronte par méprise justifient à elles seules de se précipiter au Nord Ouest.

Pour rire avec Molière.

 

 

Auteur : Molière Artistes : Mélody Banquet, Daniel Cardoso, Thierry Fohrer, Philippe Cordier, Joseph Dekkers, Gaëtan Delaleu, Fabrice Delorme, Charlotte Durand-Raucher, Antoine Fichaux, Cécile Genovese, Pierre Itzkovitch, Marion Le Bihan, Geoffrey Lopez, Clément Naline, Victor O’Byrne, Samantha Samson. Metteur en scène : Rémi de Monvel

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« La Cantatrice Chauve » et « La Leçon » de Ionesco au Théâtre de La Huchette

Depuis prés de soixante ans le théâtre de La Huchette reste fidèle à une recette tragi-comique, appréciée de déjà deux millions de spectateurs. Le spectacle Ionesco composé des deux piéces apparaît dans le  « Livre Guinness des records » : il détient le record du monde du spectacle qui se joue sans interruption dans le même lieu depuis 57 ans. Il s’agissait d’aller vérifier que cette répétition était vertueuse.

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« La Cantatrice Chauve » est une critique de la société contemporaine bourgeoise tandis que dans « La Leçon », un professeur timide mais psychopathe se bat contre une élève insolente, aussi bête qu’orgueilleuse. C’est un pari réussi et une chance unique que de voir les deux pièces à la suite car apparaît encore plus vivant la drôlerie de Ionesco et l’humour de son ambition dramatique mais aussi la vrai raison de l’absurdité de ses pièces. Il se cache derrière son légendaire sourire le désespoir d’une vie qui ne trouve pas sens. La langue de Ionesco est comptable de cela, elle ne dit rien car mortels nous n’avons rien à dire qui aurait du sens. La vie vaut elle d’être vécue autrement qu’au sein de cette folie des Smith, des Martin ou du professeur de la Leçon, folie qui seule préserve de la radicale mélancolie de notre condition humaine?

Souvent représentée dans des partitions souvent inventives, parfois géniales (adaptation décapante en ce moment au Belleville), la mise en scène de Nicolas Bataille et de Marcel Cuvelier, les décors de Jacques Noel proposent un classicisme de ces désormais gardiens du temple contributif de notre envie de Ionesco.

L’interprétation participe de l’hommage et les comédiens évitent à l’oeuvre toute fatigue. Vu avec la généreuse Francoise PinkWasser, Roger Defossez, parfait,Valérie Jeannet, Yvon Martin, le fameux Jean Pierre Ducos, la merveilleuse Marie Cuvelier, Lucie Barret au talent encore fragile mais  émouvante et Michel Ouimet, formidable professeur.

Au milieu du quartier Saint Michel, entre les restaurants à touristes et les bars à gogos, faut y aller, se glisser vers le Théâtre de la Huchette pour rire (beaucoup) en redécouvrant Ionesco.

Crédit photos -©-Phélip

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JEAN LAMBERT-WILD & LORENZO MALAGUERRA NOUS LIVRENT LE deuxième CARNET DE BORD « ROBERTO ZUCCO » EN CORÉE

Pendant plusieurs semaines, le directeur du Théâtre du Crochetan Lorenzo Malaguerra et le metteur en scène Jean Lambert-wild nous font l’amitié de partager avec nous les carnets de bord de leur prochaine création, Roberto Zucco qui aura lieu en septembre, en Corée au Myeongdong Theater avec la troupe de la Compagnie National de Théâtre de Corée (NTCK). Deuxième volet :

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Il y a déjà plus d’un an que le projet de la création de Roberto Zucco se dessine. En Juillet 2015, Jean Lambert-wild et Lorenzo Malaguerra se rendirent à Séoul pour définir quelques-uns des enjeux les plus importants de cette nouvelle création. Il y a bien des enjeux qui sont autant de règles à respecter si l’on veut pouvoir interpréter une œuvre aussi importante. Il faut se contraindre à de la précision pour s’offrir de la liberté, précision du décors, de la dramaturgie, de la traduction, des costumes… Mais le plus essentiel des enjeux est bien évidemment la distribution. Un casting fut organisé par le NTCK ( National Theater Company of Korea), il regroupa des acteurs et actrices indépendants au même titre que les membres permanents de la troupe du NTCK.

Un casting est toujours un exercice difficile, voire impossible. L’on peut trouver beaucoup de conseils sur le web pour réussir un casting ou pour l’organiser, ces conseils ont sans doute leur pertinence, mais ils ne peuvent satisfaire la joyeuse impertinence poétique de notre duo, ni d’ailleurs celle plus importante de Bernard-Marie Koltès. Nous préférons donc parler de rencontres, car il s’agit bien de cela, rencontrer une inconnue, un inimaginé, un autre, une dissemblable qui nous ouvriront des mondes plus grands et plus colorés que ceux que nous avions projetés sur chaque personnage. Il ne faut pas choisir un acteur ou une actrice parce qu’ils correspondent plus ou moins à l’idée que l’on se fait du rôle. Les idées sont hasardeuses au théâtre. Elles finissent vite par dépérir en coulisses. Nous croyons qu’il faut choisir un acteur ou une actrice pour sa capacité à révéler un mystère que nous ne soupçonnions pas.

Après plusieurs journées intenses, où nous pûmes mesurer l’engagement et le talent de tous les acteurs présents, il nous fallut faire des choix. Nous en fîmes un, celui de confier la totalité des rôles aux acteurs de la troupe du NTCK. Et ainsi de respecter, alors que rien ne nous y contraignait, cette harmonie qui fait d’une troupe un ensemble agissant de concert, où les individus, se connaissant et s’associant dans une même volonté, forment un corps homogène et puissant qui donne cohérence et vie à chaque scène.

Depuis déjà 15 jours, nous répétons. Et chaque moment passé avec eux confirme la pertinence de ce choix. Car le regard de tous nourrit les yeux de chacun. Cela se fait avec bonne humeur, rigueur, simplicité, exigence et tranquilité. Il est évident qu’une troupe offre l’avantage d’une cohésion et d’une pratique du théâtre quotidienne que parfois les solitudes trop prolongées d’engagements parsemés ont rendu incertaine.

La troupe du NTCK place les acteurs et les actrices au centre de son institution, elle permet à chaque projet de profiter d’une équipe aguerrie où les individus se soutiennent et vivent l’intensité d’un même instant. A savoir, offrir aux spectateurs une émotion qui soit l’expression d’une éthique partagée qui fait que jouer c’est interpréter ensemble la grandeur d’un inconnu que seul on ne pourrait jamais découvrir.

Jean Lambert-wild et Lorenzo Malaguerra

Visuels : DR

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« La Poupée Sanglante » au Théâtre de la Huchette

Paris 1923. Tandis qu’au cœur de l’île Saint-Louis, des femmes disparaissent, le hideux Bénédict brûle de se faire aimer de la belle Christine. Il en perdra la tête. Une comédie musicale pleine de mystère et de fantaisie, pour 3 comédiens, un pianiste et 15 personnages, adaptée de l’œuvre de Gaston Leroux, le célèbre auteur du Fantôme de l’Opéra et des Aventures de Rouletabille.

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Il n’est pas si aisé de transformer un roman policier fantastique des années 20 en une comédie musicale burlesque; le pari est gagné. Toute la troupe a su trouver ses marques dans l’espace exiguë du Théâtre de la Huchette.  Charlotte Ruby, Alexandre Jérôme et Edouard Thiébaut  ont utilisé tout leur talent  pour jouer chacun pas moins de cinq rôles différents et nous faire vivre une enquête abracadabrante dans l’optimisme doucereux du positiviste scientiste du début du 20 ème siècle.

Rire, danse, chant et même claquettes dans une des rares propositions de qualité du mois d’août à Paris.

Crédit Photos ©LOT

Auteur : Didier Bailly et Eric Chantelauze

Artistes : Charlotte Ruby, Didier Bailly, Alexandre Jérôme, Edouard Thiebaut
Metteur en scène : Eric Chantelauze

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« Un pour tous, moi d’abord! » : le nouveau spectacle épique de la Compagnie Colegram

Mercredi 10 août, la compagnie Colegram jouait la Première de sa nouvelle pièce « Un pour tous, moi d’abord » sur la place des Célestins (Lyon) dans le cadre de Tout le monde dehors! Une réussite saluée par un public de tous les âges totalement conquis.

Note de la rédaction :

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La Compagnie Colegram est encore une jeune compagnie créée en 2014 qui tire de sa jeunesse un dynamise et une inventivité difficilement égalable! En 2 ans, la voilà qui présente son troisième spectacle, Un pour tous, moi d’abord! Comme pour les deux précédents, les membres de la compagnie ont porté le projet du début à la fin, de la rédaction du texte à sa mise en scène. Pour ce spectacle, ils ont également fait appel à Eric Châtenay, maître d’arme à la CARL. Que serait Les Trois mousquetaires sans un peu de combats à l’épée (ou plus exactement à la rapière)?

L’oeuvre emblématique de Dumas est en effet au coeur de ce spectacle : Hélène (Coline Bouvarel) se présente au public en attendant que les deux juges de sa soutenance de thèse arrivent, thèse (fictive) portant sur « Etude comparative et sémantique de l’œuvre des Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas du point de vue de sa réalité socio-historique en regard des valeurs narratives et intrinsèques… » etc… Un sujet pointu qui confronte littérature et Histoire, chacune de ces disciplines étant représentée et farouchement défendue par chacun des deux professeurs hauts en couleur. D’un côté, l’historien au pedigree impressionnant (Lucas Bernardi), de l’autre le littéraire « spécialiste de Dumas père et fils de père en fils » (Gaël Dubreuil dont nous vous avons déjà parlé du roman).

Afin de rendre cette soutenance plus vivante, Hélène propose de se plonger littéralement dans l’histoire/Histoire des plus célèbres des mousquetaires en incarnant chacun l’un des personnages : l’historien sera Athos (mais aussi le délirant  Duc de Buckingham) et le littéraire sera Aramis (ainsi que le Cardinal de Richelieu et, généralement, le bouc émissaire tout au long de la pièce). Puisqu’il s’agit de sa soutenance, c’est tout naturellement que Hélène sera d’Artagnan! Vous pensez alors qu’il manque un mousquetaire. Vous avez raison, mais face à un public si nombreux, il n’y a pas de difficulté à trouver un Porthos qui rejoindra l’équipe des comédiens! De même, la troupe n’hésitera pas à piocher dans la foule présente une Reine…

C’est donc à coups de bâton, de mousquet, de rapière, de fouet et de thèse que nous (re)découvrons ces personnages littéraires ET historiques dans des dialogues décapants et intelligents qui sauront faire mouche chez les petits comme chez les grands. Soyez assurés que l’on ne s’ennuie pas, que l’on s’amuse et que l’on apprend, mine de rien, quelques petites choses. Un spectacle pour toute la famille qui mérite un succès que nous lui souhaitons sincèrement et qui a déjà donné envie à certains de courir acheter et lire le roman de Dumas.

Si vous ne nous croyez pas, n’hésitez pas à lire de vos propres yeux le Livre d’Or de la Compagnie Colegram, à vous rendre à Feurs pour voir par vous-même Un pour tous, moi d’abord! ou encore à l’un des autres spectacles de Colegram que sont Panique chez les Mynus et Retour vers le labo (voir leur agenda).

©Elodie Martinez

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Elodie Martinez

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Jean-Lambert Wild nous livre son premier carnet de bord « Roberto Zucco » en Corée

Pendant plusieurs semaines, le metteur en scène Jean Lambert-wild  nous fait l’amitié de partager avec nous ses carnets de bord de sa prochaine création, Roberto Zucco qui aura lieu en septembre, en Corée.

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Nous avons été invités par la Compagnie Nationale de Théâtre de Corée (NTCK) à mettre en scène Roberto Zucco, de Bernard-Marie Koltès, avec la troupe du théâtre. Nous, c’est-à-dire Jean Lambert-wild et Lorenzo Malaguerra, complices de théâtre depuis plusieurs spectacles maintenant (La sagesse des abeilles, En attendant Godot, Richard III – Loyaulté Me Lie). Nous voilà à pied d’œuvre depuis une semaine à Séoul mais cela fait plus d’une année que le spectacle se prépare, en France et en Suisse.

À la question de savoir s’il est compliqué de travailler au théâtre dans une langue qui n’est pas la sienne, la réponse est double. Il n’est pas difficile de donner des indications de jeu aux acteurs – notre traductrice s’en charge – ni de reconnaître si leurs intentions sont justes par rapport aux situations qu’ils jouent. En revanche, la langue étant l’expression de la pensée et de la culture, le coréen se révèle bien différent du français. Ainsi, cette première semaine a été entièrement consacrée à vérifier avec les acteurs si la traduction coréenne de la pièce de Koltès correspondait bien à l’esprit du texte français. Parmi les nombreux exemples amusants et quelquefois compliqués à résoudre, le personnage de la Gamine se plaint d’être affublée de noms d’oiseaux affectueux par ses parents et par sa sœur : mon rossignol, mon alouette, ma colombe, etc. etc. C’est un motif qui revient tout au long de la pièce. Or en Corée on n’utilise pas du tout de tels qualificatifs pour marquer son affection envers ses enfants. Il a donc fallu trouver une équivalence ailleurs que dans le règne animal et la décliner tout au long de la pièce. Autre élément : Koltès juxtapose des phrases parfois très littéraires et d’autres beaucoup plus communes, ce qui est une des grandes particularités de son écriture qui à la fois colle à la réalité et la dépasse. La traduction coréenne avait tendance à bien souligner l’aspect littéraire du texte mais à atténuer le langage quelquefois très cru des personnages. Cet aspect-là gommait en partie l’humour de la pièce, pourtant très présent. Nos collègues coréens se sont dont échinés à traduire des expressions telles que « se foutre de la gueule de… » ou « grosse connasse », à trouver la subtile différence entre « bite » et « queue » et à imaginer toutes les gradations entre « demoiselle », « dame », « prostituée » et « pute ». Ce furent-là autant d’occasions de rire et de démontrer que la plupart des langues recèlent de grandes ressources lexicales.

À l’occasion de cette semaine de travail à la table, nous avons pu constater la très belle cohésion qui existe au sein de la troupe et la grande qualité de ses acteurs. Nous aurons bientôt l’occasion de les présenter. Pour l’instant, nous nous préparons à attaquer le travail au plateau et à tester la scénographie imaginée pour notre Roberto Zucco.

Visuels : DR

Jean-Lambert Wild

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