L’Asticot de Shakespeare à l’Athénée Louis Jouvet.

Dans une sarabande « infernale, comique, tragique, musicale » et pas piquée des vers, Clémence Massart rencontre Hamlet, croise Baudelaire, Giono, Jankélévitch, Jean-Roger Caussimon et bien d’autres, réunis avec entrain et accordéon pour faire un pied de nez à la grande Camarde, pour faire couic et le grand saut, en se régalant de pissenlits mangés par la racine, et en se marrant à en mourir.

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La mort est donc le thème de ce spectacle entre théâtre et music-hall. La justement très vivante et talentueuse Clémence Massart nous propose un parcours dans le thème sous forme de petits clips toujours très drôles. L’historique Clémence de Philippe Caubére et du théâtre du Soleil arrive sur scène en costume blanc à anneaux, fraise autour du cou, plumes sur la tête et chaussons roses aux pieds ; elle est un asticot, l’asticot qui finira par nous manger après notre mort.

Successivement roi, vieillard, paysan, prince, clown, Sarah Bernhardt, Sacha Guitry, la comédienne parle les mots de Shakespeare, de Giono, de Caubère, de Jankélévitch ou de Baudelaire.
Le texte est pauvre car le spectacle est une brillante performance d’acteur destinée aux enfants qui répondent présents et se tordent de rire. Les adultes accepteront que l’on moque Jankelevitch avec une curieuse prothèse de nez, qu’on ridiculise Sarah Bernard avec sa jambe de bois sonore, qu’à l’époque de Daech et après Toulouse, on réinvente encore un camp palestinien comme métaphore du crime. Clémence Massart est extraordinaire d’engagement et si elle vient d’une autre époque c’est malgré et pour cela qu’on lui pardonne tout. Et puis l’ombre bienveillante du mythique Philippe Caubére et puis ce théâtre de l’Athénée refait à neuf et splendide.

créé et interprété par Clémence Massart
mise en scène Philippe Caubère
textes Shakespeare, Baudelaire, Giono, Jankélévitch, Caubère, Caussimon, Joe Cunningham, Clémence Massart

Crédits Photos Michelle Laurent

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David Rofé-Sarfati

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La culture se mobilise pour les victimes du 13 novembre

À l’occasion de la commémoration des attentats du 13 novembre, le théâtre Les Feux de la Rampe et DPAE Production lancent une lettre ouverte aux acteurs.actrices du monde culturel afin de faire de cette date un jour de symbole de solidarité avec les victimes. Comme pour montrer l’exemple, les recettes de la pièce de théâtre Djihad jouée ce jour-là seront reversées à l’association de victimes “13onze15“. Cet appel sera-t-il suivi d’effet par d’autres? 

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Dans cette lettre largement diffusée auprès de toute personne ayant un lien de près ou de loin avec la culture, DPAE Production et le théâtre Les Feux de la Rampe nous invite à remplir à nouveau les salles de spectacle et à faire la fête, comme un pied de nez au terrorisme. Pour cette action spéciale, les recettes récoltées à l’issue de la représentation de Djihad le dimanche 13 novembre seront reversées à l’association de victimes 13onze15.

Tout est parti d’un petit mot laissé à l’accueil 

Un soir, après la représentation, une victime des attentats laisse un petit mot à l’accueil du théâtre sur un cahier d’écolier. Cette personne a apprécié la pièce, s’est sentie touchée et invite Ismaël Saidi et la production à prendre contact avec l’association de victimes dont elle fait partie. Il s’agit de l’association 13onze15 qui apporte un soutien psychologique aux victimes et leur permet de se réunir pour partager leur expérience, leurs peurs mais aussi leurs espoirs.
C’est donc de cette rencontre que naît l’idée de cette représentation de soutien, le 13 novembre prochain. Contactée par téléphone, l’Association Française des Victimes du Terrorisme approuve cette initiative: « une commémoration est, de fait, un acte culturel ».
Parce que le rire peut parfois aider à panser les blessures, Ismaël Saidi a écrit et mis en scène une pièce de théâtre au ton humoristique, simplement appelée Djihad. Dans cette pièce, nous suivons trois jeunes bruxellois qui décident de partir en guerre sainte, soit disant au nom d’une religion, en réalité poussés par des motivations parfois bien éloignées d’un principe de foi.

Un appel au « mieux vivre-ensemble » 

« C’est à la fois une pièce comique et en même temps il y a beaucoup de drame », nous indique le producteur de la pièce, Hicham Fassi. Ascenseur émotionnel garanti donc, pour une pièce déjà jouée cinq fois à Paris et qui se finit toujours par une standing ovation. Ce dimanche 13 novembre, la représentation sera suivie d’un débat avec le metteur en scène, pendant lequel celui-ci expliquera notamment ses motivations et d’où lui est venue l’idée. « À la fin, les gens ne partent pas, ils veulent rester discuter. On sent que certains ont besoin de parler. Paris est morose depuis quelques mois et revenir dans les salles de spectacle, c’est montrer que les terroristes n’ont pas gagné », conclut le producteur qui admet n’avoir jamais produit une pièce aussi forte en émotion jusqu’alors. 

Infos pratiques 

Prix: de 14 à 28€
Lieu: théâtre Les Feux de la Rampe, 34 rue Richer 75009 Paris
Plus d’infos, réservation :  Théâtre Les Feux de la Rampe
Quand: 13 novembre, 15h

Visuel: © capture écran Théâtre Les Feux de la Rampe / Xavier Cantat

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Ophelie Masson

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« Le jeu du Chat et de la Souris » du Hongrois Istvan Orkeny au Théâtre de l’Épée de Bois

Deux sœurs largement sexagénaires; deux conceptions opposées de la vie et deux parcours contraires. Des échanges tendres et rudes qui nous parlent d’âge avancé et de passion, de solitude et d’amitié, de déracinement et d’enracinement, Une pièce du hongrois Istvan Örkény qui nous parle de la vie avec humour, avec le même humour de la mort aussi.  Attendrissant, élégant et enthousiasmant.

Note de la rédaction :

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Une vidéo puis une photo de deux fillettes gambadant heureuses dans les champs; sur scène sous un plaid rouge deux jeunes filles se chamaillent, jouent à la bagarre comme jouent les enfants. L’introduction rapide de la pièce sera dans cette figuration universelle presque banale en cela que la vie est simple voire simpliste lorsqu’elle est saisie dans nos souvenirs d’enfance nostalgiques autant que fallacieux; et, après cette intro,  ce bonheur et cette harmonie que seule la jeunesse armée d’insouciance garantit vont laisser place, plus de cinquante ans plus tard au spectacle émouvant d’un amour pour la vie d’autant féroce que bientôt la maladie et la vieillesse viendront triompher de ce que la guerre n’aura réussi à prendre.

Le banal redevient à l’épreuve de cette réalité une leçon de vie et l’intrigue qui nous parait si simple, une femme vole à son amie son amant, quittera l’ordinaire pour devenir une promesse d’avenir et une cause partisane pour un crypto-jeunisme éclairé, pour une vie qui ne doit jamais cesser d’être honorée.

Hors champ résonne la dislocation de l’Europe sous la vague du projet nazi et en filigrane la difficile sauvegarde de l’harmonie entre deux sœurs que tout oppose, sauf justement ce destin commun de devoir survivre à cette vague et au départ du père dont on se disputera l’amour et son souvenir jusqu’au bout.

La pièce de Fabienne Gozlan parcourt tout cela avec retentissement, dans une scénographie remarquable de beauté et d’équilibre; la symétrie des cœurs qui battent et des deux comédiennes Jeanne-Marie Garcia et Sophie Pincemaille, pleines d’humanité,  nous emportent autour et vers ce puits obscur duquel toutes les querelles d’enfants escamotent la brèche; duquel la jalousie qui circule entre les êtres créant un lien paradoxalement si solide cherche à tromper le vertige.

Devant ce vague à l’âme,  il nous reste le rire que le texte de Istvan Örkény invente et que la pièce, en cela elle touche au but et elle est une pièce à ne pas rater, restitue au plus prés.

 

Auteur Istvan Örkény
Mise en scène Fabienne Gozlan
Avec Jeanne-Marie Garcia
Sophie Pincemaille
Fabienne Gozlan
Paruyr Shahazizian (violoncelle et jeu)
Musique Antonin Rey
Lumières Simon Desplébin
Chorégraphie Sophie Mayer
Vidéo Valentin Lagard
Décor Aurélie Breteaux

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David Rofé-Sarfati

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« Clouée au sol », la performance de haut vol de Pauline Bayle

Pauline Bayle campe jusqu’au 26 novembre une femme pilote (d’ailleurs, il nous a fallu quelques heures, bien après la fin du spectacle, pour entendre qu’elle n’était jamais nommée), dans les mots de George Brant, parfaitement mise en scène par Gilles David. Une bombe qui fait boom comme une attaque aérienne.

Note de la rédaction :

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Il y a d’abord un texte projeté au mur qui apparaît comme s’il était dicté. On y découvre le portrait d’une femme moyenne qui voit très bien de loin mais pas trop de prés. « Elle n’est pas daltonienne ». Ni grosse ni maigre. Puis on l’aperçoit, dans la pénombre puis la lumière bien orchestrée par Marie-Christine Soma. Commence alors une guerre. Une guerre des mots, dans un flux incessant, dans une respiration hachée.

Sur un plateau blanc incliné, Pauline Bayle se tient droite, les jambes écartées comme si elle était justement clouée au sol. On pense immédiatement à Laurent Poitrenaux dans Un mage en été. Comme lui, la plupart du temps, seul le haut bouge. L’image devient rapidement hypnotique. Portés par le flow de la voix grave de Pauline et par son regard qui transpercerait un mur elle raconte. Son récit est époustouflant car sur le fond il est banal.
C’est juste l’histoire d’une fille qui tombe enceinte et qui voit sa vie professionnelle perturbée. C’est tout ? Pas vraiment. Quand le job de la fille est secret défense l’affaire se complique. Quand la fille qui aime le bleu se retrouve plongée dans l’univers rose de Pégase le petit poney, c’est la déprime en gris foncé.
On assiste à un double glissement, celui d’une nana qui se perd elle même et celui d’un changement de paradigme dans l’US Air Force qui transforme sa flotte humaine en robots.

Le spectacle est une bombe, car il ne laisse pas le spectateur respirer. Le récit est drôle, ponctué de petites phrases qui nous font entrer dans la tête de cette pilote de chasse qui a des problèmes d’épouse et de maman. On se reconnaît forcément dans ses angoisses, ses étouffements et ses libérations, car il faut le dire, son mari Eric est formidable, compréhensif et visionnaire. Cela ne suffira pas à empêcher la chute de celle qui habitait seule dans le ciel. Elle craque, craque…

On connaissait Pauline Bayle bonne metteuse en scène. Elle avait adapté  L’Iliade avec paillettes et brio. On la découvre comédienne géniale ( la dame a été formée au Conservatoire tout de même), dans un rôle à la physicalité intense. On est totalement transportés par la jeune femme qui au commencement semble fragile dans sa combinaison militaire. Fragile ? Elle démontre en fait une montée en puissance magistrale.

A voir absolument.

Visuel : ©Marina Raurell pour le pole media

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Amelie Blaustein Niddam

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Le Peer Gynt de Simon Stone, brillant et singulier

Au Schauspielhaus de Hambourg, Simon Stone présente un Peer Gynt, multiple et féminin : une version personnelle, précise et cohérente, neuve et particulièrement stimulante de l’œuvre d’Ibsen à travers laquelle il porte un regard lucide et profond sur la difficulté pour une femme aujourd’hui de concilier vies professionnelle, intime et familiale, de rêver et réaliser ses rêves. Tous les comédiens réunis autour de ce projet sont formidables.

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En France, le public a découvert le travail radical de Simon Stone à Nanterre-Amandiers, bousculé par son passionnant Thyestes. Saisi par sa capacité à relire les mythes de manière stimulante, agile et moderne. Désormais artiste associé à l’Odéon, répondant ainsi au vœu de Stéphane Braunschweig, il présentera sa Médée, contemporaine et terriblement humaine, en juin prochain. Dans son Peer Gynt, Simon Stone ne garde a priori que peu de choses de l’énorme poème dramatique d’Ibsen. Aucun acteur ne joue le personnage de Peer. Les figures présentées sont trois femmes liées par le sang, solitaires, en quête d’elles-mêmes, assoiffées de  liberté et d’indépendance. A travers les trajets de ces trois femmes, de nombreuses analogies avec le personnage de Peer Gynt éclatent. Tout comme lui, elles sont motivées par la déception d’une société étriquée et insatisfaisante. Comme Peer, elles traînent des casseroles lourdes à se défaire (problèmes familiaux, manque de reconnaissance, dureté du regard des autres) et veulent ou ont voulu tout quitter.

Angela Winkler joue la grand-mère qui a abandonné sa famille et fui l’Europe dans les années 70  pour découvrir le monde et réaliser une vie indépendante à New York, L’actrice impose sa silhouette fine et légère, sa voix aigüe et enfantine, sa maturité et sa démarche grave. Sur des accords doucement mélancoliques de guitare électrique, elle revient au pays avec son petit sac et son imperméable clair et long. Elle dit n’être pas revenue ici depuis longtemps et vouloir revoir la maison qu’elle a construite. C’est alors qu’on pense immédiatement au retour de Peer en Norvège après toutes ces aventures.

La fille est une business woman malheureuse dans son couple qui s’épanouit dans son travail à Dubaï et dans quelques aventures extra-conjugales sans lendemain. Maria Schrader interprète avec justesse la colère, le désespoir et la révolte de cette femme. Elle revendique son autonomie et hurle sa solitude : « Je n’ai pas de mère, pas de père, pas de fille, pas de mari » dit-elle cruellement devant les siens.

La petite fille, perdue dans les doutes et les angoisses d’une jeune femme de 25 ans, s’interroge sur le sens des termes « famille », « bonheur », « mariage ». C’est Gala Othero Winter qui prête son corps frêle et sa voix grave et singulière à cette jeune adulte troublante et avide de plaisir. Elle exprime ses fantasmes d’amour sale, de jouissances – sauter dans une voiture de course, de regarder les étoiles, et de s’amuser en jouant à des jeux vidéo – en chantant au micro Video Games de Lana del Rey.

Simon Stone raconte brillamment une histoire apparemment différente et qui pourtant exprime la tragédie familiale et intime, la nécessité d’éprouver le vaste monde, la recherche de soi et les questions de bonheur, d’identité, de réussite, la critique féroce des conformismes et de la bienpensance que contient la pièce d’Ibsen. Il brocarde la famille traditionnelle représentée par ce père et époux autoritaire et ridicule avec son polo rose pâle et son pull bleu ciel sur les épaules. Il dissémine savamment de nombreux emprunts à la pièce originelle qu’il modifie, réécrit à son gré. Le célèbre récit de la chasse au renne est énoncé avec insolence et irrespect par la jeune femme à son père qui la retrouve tard sur un parking en train de fumer sa clope et lui demande où elle était. Sur ce même parking, Simon Stone conserve la scène des trolls en faisant apparaître un groupe de gens déguisés en clown et qui chantent dans la lumière grisâtre de la nuit « It’s a wonderful world ». Les douces paroles de la petite fille qui conduit sa grand-mère dans un château sous l’eau où coule le champagne à flot rappellent celles de Peer à sa mère Aase mourante.

A la fin de la pièce, la plus jeune des femmes devient mère. Devant la poussette, elle affiche un sourire de façade et finalement prend la décision d’abandonner l’enfant et son petit ami. Elle quitte le plateau avec sa valise à roulette. Dans le silence. Le bébé se met à pleurer. Cette dernière image, magistrale et poignante, relie à nouveau le destin de cette femme à celui de Peer, lâche et égoïste, incapable, laissant derrière lui Solveig pour parcourir les routes.

Au Schauspielhaus de Hambourg, le 21 octobre 2016. © Matthias Horn

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Nicolas Chaplain

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« Les bonnes » : hystérie jubilatoire au Pandora

Claire, Solange, Madame, à moins que Claire ne soit Madame, ou Solange… Entre trouble et hystérie jubilatoire, la Compagnie Les Fruits Défendus s’éclate en montant Les Bonnes de Jean Genet. A voir au Pandora jusqu’au 17 décembre.

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Le Pandora est le plus petit théâtre de Paris, pas plus grand que votre salon. Un salon où on sirote du tilleul dans des petits gobelets qui auraient pu contenir un shot de vodka.  Car Aude Benkaki et Cécile Beyer semblent fort saoules quand elles nous acceuillent en louves hurlantes. En guise de bande son, on entend Barbara qui d’outre-tombe nous chante « La nuit, tu dors ». La nuit, les Bonnes changent de vie dans la pièce de Genet. Elle deviennent l’une ou l’autre, jouent à être Madame qu’elles détestent, étouffées par l’humiliation de leur condition qui sonne Ancien Régime.

Mais c’est quand Madame, justement, entre en scène que le spectacle passe d’une adaptation juste de ce texte mordant à une leçon de théâtre. Stéphanie Fumex déboule sur un divan à roulettes. Son look mortel hésite avec raison entre La Castafiore et Patsy dans AbFab. Perruque blonde bouclée et peroxydée. Lunettes noires qui lui bouffent le visage. Vulgarité au max. On éclate de rire. Tout est là : l’ascendance, le mépris, « Madame est bonne » disent … les bonnes. Madame donne des affaires à ses bonnes. Mais les deux sœurs qui rêvent d’amour ne veulent qu’une chose : la tuer.
Peuvent-elle jouer dans la cour des bourgeois ? Elles vont essayer, quitte à tout perdre.
Côté décor, la compagnie fait ici avec les conditions du bord. Les spectacles jouent à la chaîne dans le petit théâtre, la scénographie joue la mobilité. Quelques tissus se transforment en robes de soirées, et les moindres recoins du minuscule plateau sont utilisés. Les murs deviennent couloir, un contrefort se transforme par l’imaginaire en un secrétaire abritant feuilles et stylo permettant aux bonnes d’écrire des lettres de délation visant, dans leurs rêves, à envoyer Monsieur croupir en prison.

Le trio porte ce texte génial écrit en 1947 que Chabrol a adapté de façon mémorable en 1995 sous le titre La Cérémonie.  En alternant folie pure et méchanceté stratège, Stéphanie Fumex Aude Benkaki et Cécile Beyer nous embarquent complètement dans cet univers tragique et sordide où la condition sociale devenue carcan mène à la mort.

Informations Pratiques 

Le Pandora

30 rue Keller

75011 Paris

Spectacle à 19h, ouverture des portes à 18H50. 1H10. Le samedi jusqu’au 14 décembre.

Réservations ici. 

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Amelie Blaustein Niddam

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« VLADIMIR JANKÉLÉVITCH LA VIE EST UNE GÉNIALE IMPROVISATION » au Lucernaire.

Vladimir Jankélévitch et son ami Louis Beauduc ont 20 ans en 1923 et sont étudiants à Normale Sup, lorsque débute cet échange de lettres qui durera 60 ans : depuis leurs premières disputes philosophiques, en passant par la rencontre avec Bergson, la montée du fascisme, la guerre, la libération, mai 68, les premiers ordinateurs ; ses réflexions sur le Pardon et les crimes imprescriptibles de la Shoah.

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Un grand bureau de thésard de l’ENS, une chaîne Hifi des années 70 pour écouter du Ravel, un petit bureau d’écolier et rien d’autre, et Bruno Abraham-Kremer évoluant, dans une pièce-conférence armé d’un grand cahier, recueil des lettres de Janké, comme le nommaient affectueusement ses élèves.
La philosophie aide à vivre, c’est connu et l’enjeu de la pièce voudrait être dans ce soin là cependant que nous partageons la bio d’un homme plein d’humour mais aussi de colère et qu’avec lui grand philosophe, musicien et professeur de Morale  nous cheminons dans ce XXème siècle si paradoxal et découvrons l’homme là où il pourchasse un accord parfait entre les idées et les actes, mais surtout là où il prétend glisser dans l’existence à la manière d’un philosophe au sens que ce signifiant renvoie à un stoïque fatalisme déguisé en apologie de l’improvisation et à une douce résignation emplie de philosophie, comme il se doit. Abraham Kremer et Corine Juresco  (co-auteur dont il convient d’applaudir le choix difficile de collecte et de sélection)  nous donnent à voir un Jankélévitch toujours malicieux et souriant à la vie, une sorte de  Nietzsche sans la névrose mais avec un super pote Louis Beauduc.

Est-ce que Janké nous aide à vivre ? La question reste entière car elle n’est pas l’enjeu de la pièce. Jankelevitch et sa philosophie aident à vivre, c’est manifeste,  Abraham-Kremer qui glisse parfois au cabotinage cependant qu’il parvient à nous emmener dans une fausse causerie de navigateur dans laquelle nous partageons sa gratitude d’un soin philosophique et son envie bienveillante de nous faire traverser le 20eme siècle en compagnie des deux amis de Normale Sup. qu’il crée devant nous avec talent.

VLADIMIR JANKÉLÉVITCH
LA VIE EST UNE GÉNIALE IMPROVISATION
D’APRÈS SA CORRESPONDANCE RÉUNIE PAR FRANÇOISE SCHWAB – ÉDITIONS LIANA LEVI
MISE EN SCÈNE ET ADAPTATION BRUNO ABRAHAM-KREMER ET CORINE JURESCO
AVEC
BRUNO ABRAHAM-KREMER

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David Rofé-Sarfati

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‘LE ROMAN DE MONSIEUR MOLIÈRE » de Boulganov au Lucernaire

Boulgakov nous livre une vision ébouriffante de la vie de Molière. Ce récit légendaire d’une troupe ballotée entre les succès et les revers est ici présenté dans une version adaptée à la scène, vivante et enlevée. Elle est entrecoupée de scènes de Molière, de lettres de ses ennemis, et de morceaux de Lully interprétés au piano. Le spectateur peut assister ainsi aux débuts chaotiques de l’Illustre Théâtre, à son ascension fulgurante, à la querelle du Tartuffe et à la fin solitaire de son chef.
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En Juin dernier la même troupe dont nous avions acclamé en septembre 2015 un Revizor audacieux crée et monte pour la 20e édition du Mois Molière à Versailles, formidable proposition du Théâtre Montansier, la pièce de Boulganov.  Évitant un biais exclusivement pédagogique la création de Ronan Rivière reprend la narration de l’auteur russe et y ajoute des tirades et des dialogues des scènes de Molière.

Une imposante charrette envahit l’espace. A cour un piano pour les intermèdes musicaux.La pièce est montée comme un seul en scène tant elle est le long récit de la vie de Jean Baptiste Poquelin, devenu Molière et tant Ronan Riviére qui joue avec tout son corps dans un jeu éloigné, justement et paradoxalement des postures du théâtre classique  sait saisir son public. 

Jean Baptiste Poquelin est né à Paris dans une famille bourgeoise cependant que Molière, celui de la légende et de la langue qui porte son nom est né paysan à Pezenas. Le motif de la charrette articule et la pièce et cette pliure du discours. La charrette est l’esprit de la mise en scène. A un moment, elle viendra s’installer sur un tapis de bon ton et un marquis perché sur elle tel un tribun condamnera dans un long monologue le Dom Juan de Molière avec force et mauvaise foi dans une scène cardinale qui récapitule tous les propos, les biais et les enjeux de la pièce. Michael Cohen y est fabuleux.

La pièce de commande est donc une trés adroite pièce pédagogique et contributive à y emmener nos enfants, et inspirée à assurer l’intérêt des adultes. A la beauté du texte répond celle de la musique du piano de Mazal.

 

 

 

 
Auteur : Mikhaïl Boulgakov
Artistes : En alternance : Ronan Rivière, François Kergourlay, Michaël Cohen, Olivier Mazal
Metteur en scène : Ronan Rivière

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David Rofé-Sarfati

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« Je danserai pour toi », entrez dans le rythme au théâtre de l’Essaïon à Paris jusqu’au 12 novembre 2016 !

Depuis le 8 septembre dernier, Sophie Galitzine, alias Louison, bat la mesure au théâtre de l’Essaïon à Paris. Seule en scène, elle nous livre un spectacle non seulement drôle, pêchu et dynamique, mais qui nous amène aussi à des réflexions métaphysiques. Un cocktail détonnant et fort étrange, à consommer sans modération !

Je danserai pour toi. Affiche
Je danserai pour toi

Sophie incarne Louison. Louison est une danseuse, une comédienne, une mondaine, une Parisienne, une femme qui croque la vie par les deux bouts, une femme qui cherche à combler par tous les moyens le vide de sa vie, une femme qui a peur de se retrouver seule face à elle-même. Cette femme à l’apparence décontractée, « pas coiffée genre sortie du plumard », habillée comme un professeur de yoga avec un débardeur et un sarouel blancs, va connaître une révélation qui va bouleverser sa vie.

La mort de son père est l’élément déclencheur de sa prise de conscience, un père qui n’a pas forcément été à la hauteur mais qui lui manque horriblement. D’ailleurs, sur scène, elle entend la voix du Père, de son père. Elle le cherche ce père, elle se cherche. Elle part en quête du sens de la vraie vie et de la foi. Ses rencontres vont l’amener à entrer au couvent, à se retirer pendant un temps du monde pour pouvoir se retrouver, se reconnecter à son corps car la « religion chrétienne est une religion du corps. Tout l’Évangile n’est que rythme et souffle ». Ainsi armée, Louison, « la lumière du Christ dans les yeux », va pouvoir de nouveau affronter la vie.

Au début, on se demande, avec appréhension, à quel spectacle on va encore assister. Mais rapidement, on se laisse emporter par l’énergie de Sophie. À la manière d’une prof de Feng-shui, elle redistribue tout au long du spectacle l’aménagement de la scène, s’amuse avec les rideaux, avec les bougies, saute partout, danse, se met en mouvement, se cambre avec une souplesse de félin… Cette énergie, on la retrouve dans la puissance de son verbatim et de sa voix !

Ce décor de déménagement prend place au sein de la salle voûtée en pierre du théâtre de l’Essaïon. Le cadre se prête à merveille aux différentes facettes du spectacle. Cette voûte en pierre peut en effet évoquer une vieille abbaye et la vie ecclésiale, mais aussi une cave à vins et les soirées mondaines.

Par contre, si le cadre est sympathique, le confort est fruste. Pour profiter pleinement du spectacle, nous vous conseillons de vous installer au premier rang pour pouvoir étendre vos jambes et vers le mur pour pouvoir vos adosser.

Ce n’est donc pas pour le confort que vous viendrez voir « Je danserai pour toi », mais pour Sophie Galitzine, une comédienne et danseuse qui a de l’énergie à revendre, mais qui sait mesurer son jeu. Elle nous livre avec ce spectacle une tranche de vie, avec ses moments tendres, ses moments angoissants, incertains, mais drôles aussi. À noter également le final, qui est de toute beauté. D’ailleurs, si vous aimez l’art et le peintre Georges de la Tour, vous retrouverez dans Louison la figure de Madeleine éclairée par une bougie.

Informations techniques :

Scénario : Sophie Galitzine (avec la complicité de Jean Franco)

Mise en scène : Violaine Arsac

Assistant à la mise en scène et Chorégraphe : Stéphane Vernier

Distribution : Sophie Galitzine

Durée : 70 minutes

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Magali Sautreuil

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Ariane Mnouchkine : « Une chambre en Inde », première le samedi 5 novembre 2016

Les travaux dans la grande salle du Théâtre du Soleil sont finis, la rénovation faite, les dieux du théâtre l’ont décidé. « Une Chambre en Inde » connaîtra sa première le 5 Novembre prochain à 16h00.

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Nous étions comme des réfugiés de l’Histoire. Autour de notre chambre les Temps étaient déchaînés. Nous nous demandions ce qui nous arrivait, nous les gens les plus divers, mais unis par le même souci, nous nous demandions comment nommer Ça, ce chaos. (L’air était bouillant.) À travers les portes-fenêtres on entendait les bruits de l’Inde, cette manif perpétuelle. Il ne dort donc jamais, ce continent ?

Nous savons peu du spectacle.

Sauf qu’il est une création collective et qu’ils nous parlent des réfugiés, des réfugiés de l’histoire qui s’agitent et clament :  Nous voulions la Vie, comprendre ses violences folles. On ne savait pas comment ça allait finir. Certains d’entre nous se tourmentaient de ne pas savoir comment commencer. Après tout nous avions une mission : créer un spectacle.

Sauf que le duo Ariane Mnouchkine et Hélène Cixous nous promettent un événement …

Une chambre en Inde
une création collective du Théâtre du Soleil
dirigée par Ariane Mnouchkine
musique de Jean-Jacques Lemêtre
en harmonie avec Hélène Cixous
avec la participation exceptionnelle de
Kalaimamani Purisai Kannappa Sambandan Thambiran

Le spectacle est joué en 2 parties la semaine, et en intégrale le week-end. La 1ère partie doit être vue avant la 2ème partie. Durée : 2h30 pour la première partie, 1h50 pour la deuxième partie, 5h en intégrale (entracte inclus).

Novembre
Sam 5 nov 16h / Intégrale
Dim 6 nov 13h30 / Intégrale

Me 9 nov 20h / Première partie
Jeu 10 nov 20h / Première partie
Ven 11 nov 13h30 / Intégrale exceptionnelle
Sam 12 nov 16h / Intégrale
Dim 13 nov 13h30 / Intégrale

Me 16 nov 20h / Première partie
Jeu 17 nov 20h / Première partie
Ven 18 nov 19h / Intégrale
Sam 19 nov 16h / Intégrale
Dim 20 nov 13h30 / Intégrale

Me 23 nov 20h / Première partie
Jeu 24 nov 20h / Première partie
Ven 25 nov 19h / Intégrale
Sam 26 nov 16h / Intégrale
Dim 27 nov 13h30 / Intégrale

Décembre
Me 30 nov 20h / Première partie
Jeu 1er dec 20h / Première partie
Ven 2 dec 19h / Intégrale
Sam 3 dec 16h / Intégrale
Dim 4 dec 13h30 / Intégrale

Me 7 dec 20h / Première partie
jeu 8 dec 20h / Seconde partie
Ven 9 dec 19h / Intégrale
Sam 10 dec 16h / Intégrale
Dim 11 dec 13h30 / Intégrale

Me 14 dec 20h / Première partie
Jeu 15 dec 20h / Seconde partie
Ven 16 dec 19h / Intégrale
Sam 17 dec 16h / Intégrale
Dim 18 dec 13h30 / Intégrale

Me 21 dec 20h / Première partie
Jeu 22 dec 20h / Seconde partie
Ven 23 dec 19h / Intégrale

Me 28 dec 20h / Première partie
Jeu 29 dec 20h / Seconde partie
Ven 30 dec 19h / Intégrale

Dates ultérieures à venir.

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David Rofé-Sarfati

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